Une vision sur la parité en politique

Étonnante remontée dans le temps avec la lecture de la vision de Simone Veil sur la parité en politique… intéressant 15 ans après ces propos de voir que la situation n’a pas beaucoup changé ! À relire sa biographie (« une vie » – éditions Stock – 2007), on a l’impression que cela n’a pas beaucoup changé :

Voici quelques lignes reprises :

p 300-302 sur la parité : « je suis favorable à toutes les mesures de discrimination positive susceptibles de réduire les inégalités de chances, les inégalités sociales, les inégalités de rémunération, les inégalités de promotion dont souffrent encore les femmes. … Il est inutile de proclamer la discrimination positive à son de trompe. Il est préférable de la pratiquer. … en dépit de l’aménagement constitutionnel intervenu à l’époque, les formations politiques persistent à méconnaître la règle, chaque fois qu’elles le peuvent, préférant payer les pénalités prévues.

nouvelle série « prise de hauteur après une lecture »

Dans la série « prise de hauteur après une lecture », voici quelques réflexions autour de « Platon à la plage » aux éditions Dunod, écrit par Hélène Soumet.

Sur la place de la femme dans le monde, un peu d’histoire

On oublie vite que la situation des femmes en Égypte, au 5è siècle avant JC, était toute autre que celle des femmes actuelles dans cette région du monde. Les contemporains de Platon l’exprimait déjà, en comparaison avec la place de la femme dans la société grecque très patriarcale en Antiquité, comme Hérodote, qui écrit dans « Historia » au livre II au sujet des Égyptiens : « les femmes vont sur la place, et s’occupent du commerce, tandis que les hommes, renfermés dans leurs maisons, travaillent à de la toile. »

Les initiatives pour la mixité en start-up

un bel article de Maddyness pour se dire qu’on a encore du pain sur la planche ET aussi qu’on peut y arriver, comme dans cette start-up OWKIN !!!!!

quelques chiffres sur l’entreprenariat au féminin

Le palmarès Women Equity de janvier 2021 montre quelques éléments toujours étonnants de la situation de l’entreprenariat au féminin :

  • Les lauréates caracolent à six fois le taux de croissance moyenne des entreprises françaises « ,
  • Les femmes ont moins accès aux réseaux d’affaires et restent bien moins financées par le capital investissement
  • Les lauréates sont sur-représentées dans les secteurs des Technologies, Médias et Télécommunications (TMT) et de la santé, plus légèrement sur-représentées dans les services et l’industrie.

CONCORDANCE CONSEIL vol formation

Quelques lignes sur la nouvelle responsable de l’OMC

L’organisation mondiale du commerce… après Trump et face aux enjeux liés à la pandémie et aux pays sous-développés qui sont laissés parfois sous domination… tellement plus facile de négocier les ressources minières une fois que les négociations ont été conclues sur l’implantation des réseaux ou des échanges commerciaux !

Focus sur le « job » qui attend la nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, première femme et première Africaine portée à la tête de cette organisation multilatérale.

L’article de Jeune Afrique en parle très bien !

 

Tribune libre sur la place des femmes… (épisode 2)

Le regard de préhistoriens sur la division sexuée des rôles dans la société

Dans un article précédent, j’abordais la vision de Pascal Picq (« Et l’évolution créa la femme » aux éditions Odile Jacob). Dans un registre proche, bien que l’approche soit plus globale et retrace l’histoire de l’invisibilité de la femme, l’essai de Marylène Patou Mathis (« L’homme préhistorique est aussi une femme » aux éditions Allary) est intéressant.

Tout porte à croire en lisant Pascal Picq ou Marylène Patou Mathis que les violences internes aux groupes humains soient apparus avec la sédentarisation et au Néolithique**.

Je cite l’auteure (p25 de son essai) : « Les premières traces de violences collectives semblent apparaître avec la sédentarisation des communautés, qui débute il y a environ 14000 ans, et augmenter au cours du Néolithique, période marquée par de nombreux changements environnementaux (réchauffement climatique), économiques (domestication des plantes et des animaux qui permet un surplus de denrées alimentaires – attesté par leur lieu de stockage), sociaux (apparition des élites et des castes et leur corollaire, la hiérarchisation et les inégalités) et de croyances (apparition de divinités et de lieux de culte). Cette violence pouvait être due à des facteurs multiples : situations paroxysmiques liées à une crise (démographique, politique, épidémiologique), rites sacrificiels (de fondation, propitiatoires ou expiatoires), motifs psychologiques (vengeance suite à une vexation ou une insulte, volonté de domination). On constate que les femmes et les enfants en seraient les principales victimes. »

A priori, ce que précise Marylène Patou Mathis, c’est que les connaissances actuelles sur le Paléolithique (antérieur au Néolithique) ne permettent pas de contredire l’idée de sociétés plutôt sans violences en interne et avec une place des 2 sexes plutôt équilibrée : la femelle Australopithèque par exemple peignait dans les cavernes (cf les mains négatives peintes et majoritairement féminines selon une étude de 2007 dans des grottes françaises et espagnoles), chassait (il est même évoqué la possibilité qu’elle courre devant la proie pour que le mâle tue). Plus tard, en Gaule, les femmes (sans enfant) accompagnaient les hommes à la chasse et à la guerre.

Au Paléolithique, les représentations rupestres montrent beaucoup de « femelle reproductive ». Il se peut que les humains de cette époque-là n’aient pas compris le rôle du mâle dans la reproduction. Il se peut aussi que les divinités principales soient féminines, comme l’attestent les mythologies de plusieurs continents. Dans tous les cas, « loin du tabou [de la nudité et du sexe féminin], les « artistes » du Paléolithique supérieur ont représenté non seulement le corps nu (féminin et masculin), mais aussi l’organe sexuel visible, la vulve et le phallus. » Et « quoi qu’il en soit, parmi les représentations anthropomorphes, les images féminines sont de loin les plus nombreuses et même les seules avant le Magdalénien (entre -15000 et -13500 ans).

Le Paléolithique n’était pas non plus l’Eden perdu ! Il y avait des échanges de femmes et de jeunes, à priori, pour « sceller des alliances entre groupes, alliances nécessaires à la survie de ces petites communautés dispersées sur de vastes territoires. »

 

Tout porte à croire en lisant ces deux anthropologues que les religions monothéistes ont posé les bases de cette coercition de la femme dans la société humaine.

Marylène Patou Mathis explique que c’est la religion juive qui a « détrôné » Marie (vierge ; comme pour les humains préhistoriques) en la rendant femme et non divinité. Idem pour le concept du péché originel d’Eve ! J’imagine (et il n’y a pour moi qu’un pas pour aboutir à cette théorie) que l’homme a eu peur de la puissance de la femme (qui perd son sang ET met au monde) et a utilisé sa force et son agressivité face à une gente féminine sans complexe pour imaginer devoir se battre là-dessus (là, j’use d’aprioris liés à mon époque !). L’homme aurait donc inventé un Dieu invisible et tout puissant pour remplacer des divinités féminines et « réelles ».

Le rôle de la religion n’est pas neutre, peu s’en faut. Marylène Patou Mathys rappelle que « dans la mythologie égyptienne, c’est un homme, Seth, qui commet le péché originel, et une femme, Isis, qui sauve l’humanité ; chez les Celtes, le monde terrestre est régi par un principe féminin omniprésent, Dana la déesse mère, dont les femmes sont les messagères auprès des hommes ». Et pourtant, la misogynie des traités de théologie morale chrétienne des XIVè et XVè siècles conduira à la persécution des « sorcières », qui fera en Europe des dizaines de milliers de victimes. … A partir du XVIIè siècle, le thème du péché cède le pas à celui de la « nature féminine » qui serait déraisonnable (dénuée de raison), voire « immorale ».

Même la science s’y est mise ! Déjà, les premiers dictionnaires martèlent la différence entre homme et femme. Dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert de 1750, « sexe » ne concerne que la femme. Au début du XIXè siècle, Maryse Patou Mathis rappelle qu’« elles sont plus nombreuses que les hommes dans les espaces réservés aux fous dans les hôpitaux ». Le passage sur les expériences de mesures du cerveau des femmes est hallucinant. Au milieu du XIXè siècle, des scientifiques démontrent que le cerveau féminin est moins volumineux et moins lourd, preuve pour eux que la femme est inférieure car moins intelligente. Le même principe sera utilisé pour les « races ». Il faut attendre la fin du siècle pour que L. Manouvrier montre que la différence de cerveau est liée à la différence de taille des individus ! Et ce scientifique sera mis au banc de ses pairs à l’Académie de médecine !

Tout porte à croire aussi que, pendant la préhistoire, la notion de la perception du sang est au cœur de la séparation des tâches dans le groupe et la répartition des tâches : la femelle donne vie et perd du sang, le mâle prend la vie et verse le sang. D’où un partage dans la chasse avec les armes contendantes pour les mâles et les massues pour les femelles.

On voit là le problème de l’interprétation qu’évoquait déjà Pascal Picq. Les scientifiques qui ont étudié la préhistoire étaient des hommes jusque dans les années 1970. Peu de femmes portaient leur voix sur ces recherches. Et certaines paléontologues étaient inversement trop féministes ou « gyné-morphiques » (j’invente bien sûr !) versus l’androcentrisme trop pratiqué par les collègues et qui amènent aux théories d’un matriarcat originel ?!!! Mais les excès sont logiques pour rééquilibrer la réflexion. Car on se souvient de ces squelettes nommés « guerriers » parce qu’entourés d’armes et que les analyses ADN ont renommés « guerrières ». On peut rappeler aussi le classement de « femmes robustes » dans la case des hommes à la seule analyse du squelette.

Selon les dernières recherches, « peu de tâches sont basées sur la force physique, en réalité, presque toutes les tâches de la préhistoire requièrent des compétences possédées de façon équivalente par les sexes ». Marylène Patou Mathis rappelle que Darwin l’avait déjà noté : « chez tous les peuples barbares, les femmes sont forcées de travailler au moins aussi laborieusement que les hommes ». Comment ne pas réaliser les déplacements lors des migrations saisonnières, les distances parcourues pour la cueillette, le ramassage du bois, la recherche de l’eau. « La chasse induit l’existence au sein des communautés de relations d’entraide (partage, coopération, solidarité), mais aussi de complémentarité entre individus ».

L’histoire des migrations et de la colonisation peut faire penser à cela aussi : de nombreuses sociétés indiennes étaient matrilocales et les tâches étaient bien réparties mais la violence n’avait pas lieu dans le groupe (elle était certainement très présente en dehors du groupe). Les sociétés patriarcales sont arrivées et ont exterminées ces sociétés plus pacifiques. On retrouve ce phénomène sur d’autres continents. Et cela rappelle ce que précisait Pascal Picq avec le rappel du calendrier des migrations en Europe, liées aux glaciations. cf article précédent

En lisant ces scientifiques avertis, nous pouvons tabler que d’autres paléontologues étudieront bientôt les civilisations d’autres continents que l’Europe, qu’ils reviennent en Afrique, berceau de l’humanité, qu’ils s’inspirent des cultures du Nord où les femmes étaient des guerrières aussi, des cultures amérindiennes où les tribus étaient matriarcales, des peuples asiatiques avec les Amazones.

Il faut repenser l’Histoire en laissant le féminin prend la place qu’il avait et non celle qu’on souhaite lui donner aujourd’hui, tout empêtrés que nous sommes dans nos aprioris et notre culture !

Mais il est crucial de se reposer cette question : si la coercition envers les femmes est plus liée à une éducation et une emprise sociétale (qui remonte au Néolithique) plus qu’à un déterminisme naturel, « le patriarcat est un système social qui opprime les femmes […et] aliène aussi les hommes en faisant peser sur eux « l’obligation de la force, le combat, la puissance ». »

Il faut sortir de nos préjugés et imaginer un équilibre vertueux pour nos enfants.

 

** : le Paléolithique (l’âge de la pierre taillée) s’étend jusqu’à -9600 ans (Mésolithique, période de transition) et le Néolithique (l’âge de la pierre polie) démarre en -6000 ans et se termine vers -2200 ans à l’âge de bronze.

Intervention 100 000 Entrepreneurs à Nantes

Voici ma contribution du moment avec 100 000 Entrepreneurs autour des Semaines Femmes et Entrepreneuriat.
Merci à M. Gadenne, professeur de sciences économiques et sociales au Lycée Monge de Nantes et à sa classe de Première Générale pour leur accueil cette semaine !
A bientôt pour d’autres interventions en collège ou lycée, Aude Samson !

 

 

une citation pour être inspiré(e!)

« We, the successors of a country and a time where a skinny black girl descended from slaves and raised by a single mother can dream of becoming president only to find herself reciting for one. »


Si cet extrait du discours d’Amanda Gorman lors de l’investiture du nouveau président des États-Unis le 20 janvier 2021 pouvait inspirer les jeunes femmes là-bas ou ici… ce serait formidable ! Puisse que ces mots bien choisis ne deviennent pas lettres mortes !

la place des femmes dans les start-ups

On pense souvent à jeune-homme-diplomé quand on imagine le créateur d’une start-up… On imagine moins une jeune-femme-diplomée à la même place ! On imagine sans doute encore moins un jeune-parent-diplômé pour créer une société où il faut investir ses jours et ses nuits !!! Les a-prioris ont la vie dure…

Women Today… revient sur le sujet et donne un exemple d’initiative très intéressante dans une start-up qui grossit bien !

Tribune libre sur la place des femmes dans la société

Étonnantes découvertes en lisant le numéro spécial d’Historia sur les femmes en février 2021… pas seulement sur l’existence de toutes ces exploratrices, scientifiques, psychologues, historiennes, auteures qui ont fait l’Histoire mais dont l’histoire est non seulement oubliée mais qui n’a pas été racontée.

Comment expliquer ce déni total de l’œuvre des femmes au cours des siècles en France ? Cela s’explique quand c’est pour le pouvoir et  pour le « vol » de maternité par les hommes en concurrence sur le même sujet (scientifique, économique, voire culturel). Cela s’explique aussi sur des sociétés patriarcales où la femme devait se travestir pour se réaliser sur des métiers d’homme.

Cela s’explique mais comment l’accepter ?

Et ce qui est frappant, c’est le déni de ces œuvres et dans tous les domaines. Comment expliquer ce déni, cette mise aux oubliettes, ce refus d’existence ? Et on est même allé jusqu’au déni de ce déni !

  • C’est comme cette absurdité quand on fait « humain » sur un moteur de recherche et qu’on ne trouve que des représentations de l’homme. Et cela ne va pas s’arranger si les développeurs des algorithmes de l’IA ne sont que des hommes : la vision informatique de 50% de la planète sur tous ses habitants ? Cela va donner !
  • C’est comme sur ces thématiques d’éthologie et d’études scientifiques du comportement des grands singes par exemple qu’on y voit lus clair depuis que les Trimates[1] ont documenté leurs analyses de plusieurs années, parfois des décennies, avec un regard neutre et non anthropomorphique pour pouvoir comprendre qui sont les singes et pas en quoi ils sont différents de l’humain.
  • C’est comme cet aveuglement sur les sujets de société, pour la discrimination sexuelle par exemple. Sandrine Charpentier de Mixity aborde le sujet sur l’interview de l’Informateur Judiciaire de fin janvier : « Elles [les entreprises] doivent prendre conscience des enjeux et passer du « il n’y a pas de sujet chez nous » à « je vais regarder comment ça se passe réellement »…. ». En effet, sortir du tabou est essentiel.

Bien sûr, comme le précisait récemment Najat Vallaud-Belkacem : « héroïser les femmes, ce n’est pas remettre en cause le système de domination masculine ». Seulement laisser sous silence c’est oublier et nier sans aucune possibilité de retour, c’est un reset, un effacement de la mémoire, une petite mort… Et sans parler forcément des auteurs/auteures ou des héros/héroïnes, revenir aux faits : les découvertes, les œuvres, les théories, les résultats, les projets, les innovations… tout ce qui a fait l’évolution humaine et qui pour la plupart n’est même pas connue (ni en direct, ni à travers la récupération par un homme)… Que de gâchis…

Comment en est-on arrivé là ? La question amène devant un abîme sidéral. Et comment en sortir ?

  • Déjà, redonner à César ce qui est à César(e !). Donc 1 : rendre la place à toutes ces avancées, déniées parce que féminines
  • Ensuite, retrouver les témoignages, raconter les histoires de ces femmes puisque c’est l’histoire de leurs métiers, de leurs découvertes, de l’évolution de la société dont elles faisaient partie. Comment poursuivre le déni des auteurs ou auteures quand on impose par là-même le déni des œuvres ? Donc 2 : raconter l’histoire de, témoigner, faire témoigner !
  • Et 3 : convaincre toute femme et tout homme à s’accrocher à sa création, paternité ou maternité et faire que ce qui est fait, découvert, réfléchi, inventé le soit sous son nom, en toute assumation, en toute liberté, en toute fierté !
  • Et 4 enfin : qu’un témoin ne laisse pas faire pour que l’idée, la mise en œuvre et le développement du projet ne deviennent pas lettre morte ou ne soit pas « volés ».

Et peut-être qu’alors, on aura beaucoup de plaisir à découvrir un passage de notre Histoire sans se dire qu’on nous a amputé de toutes ces exceptionnelles innovations pour le bien (ou pas !) de l’humanité !

[1] Trimates : nom donné à trois femmes, Jane Goodall (pour les chimpanzés), Dian Fossey (pour les gorilles) et Biruté Galdikas (pour les orangs-outans), choisies dans les années 1970 par l’anghropologiste Louis Leakey pour étudier les grands singes dans leur environnement naturel.