Comment se faire entendre ?

Comment se faire entendre ? Un sujet épidermique ces temps-ci !

Le 24 octobre 1975, en Islande, 90% des femmes étaient dans la rue, à manifester, sans violence, pour mettre en lumière l’importance économique et domestique du travail des femmes. Ce jour-là, les Islandais (qui géraient les enfants chez eux ou au bureau) l’ont appelé le « vendredi le plus long ». Ce « Women’s Day Off islandais est considéré comme un tournant majeur pour les droits des femmes en Islande, un pays qui est aujourd’hui souvent cité en exemple pour l’égalité des genres.

Ce jour-là, Adalheidur Bjarnfredsdottir (qui représentait l’organisation Sókn, le syndicat des travailleuses non qualifiées, qui étaient les moins bien payées dans le pays) a pris la parole. Elle n’était pas oratrice, ne s’était jamais exprimée en public. Mais son discours a marqué les esprits à Reykjavik. Adalheidur Bjarnfredsdottir est devenue par la suite membre du parlement islandais.

Elle a commencé par cette question : « Les hommes gouvernent le monde depuis la nuit des temps, et à quoi ressemble-t-il ce monde ? » Elle a parlé « de sang, d’exploitation, de la contamination, de la ruine. »

Que dirions-nous aujourd’hui ?

En s’inspirant de l’initiative islandaise, en France, le mouvement international et apartisan World with women a encouragé les femmes à s’arrêter toute la journée du 13 octobre, sans travailler, sans consommer non plus. Créé au printemps en France, le collectif a pu mobiliser près de 5000 personnes à Paris et autant sur toute la France. « J’ose, je peux, je fais » était le mot d’ordre (celui de 1975 était « j’ose, je peux, je ferai »).

Ce n’est qu’un début, selon les organisatrices. Car, comme le précise un personnage du roman de Laetitia Colombani (Un jour sans femme, éditions de l’Iconoclaste) : « Faire la grève, ce n’est pas ne rien faire, c’est le contraire de cela. Faire la grève, cela signifie résister, protester, afficher son opinion. Faire entendre sa voix. Dans chaque quartier, chaque bourg, chaque village, les femmes disposent d’un pouvoir, […] : celui de marcher pour dire non.

En 1975, les Islandaises ont montré la voie : manifester, sans violence, pour faire entendre sa voix. Marcher, chanter. Résister.

 

 

sur la vision de l’information, à travers l’Histoire

Lors des Rendez-vous de l’Histoire de Blois, un événement incontournable pour qui veut voir l’actualité sous un axe historique, avec le thème 2026 sur les marchands, j’ai pu profiter d’échanges pertinents entre spécialistes pour comprendre des sujets aussi variés que les Vikings, la préhistoire du genre, les Gaulois, la confiance dans les marchands au 16è siècle ou sous l’ancien régime, ou une vision des « marchands de doute et de promesse ».

 

 

La première table ronde traitait de « DES MARCHANDS DE DOUTE AUX MARCHANDS DE PROMESSES. LA FABRIQUE DE L’INCERTITUDE AU COEUR DU BACKLASH ENVIRONNEMENTAL »

Modération Laure TEULIERES, maîtresse de conférences a l’Université de Toulouse Jean-Jaures ; Intervenants : Étienne DUFOUR, postdoctorant du PEPR Recyclage a l’Université Reims Champagne-Ardenne, Fabienne JOUTY, doctorante en histoire contemporaine a Sorbonne Université et au SIRICE, Valentin THOMAS, chargé de recherche au CNRS

  • La fabrique sociale de l’ignorance, démarrée dans les années 50 (cf « golden holocauste » avec Philip Morris)
  • Certains industriels sont des marchands de doutes : ils noient les infos scientifiques, financent de la « mauvaise science » que sont des études sur des sujets redondants ou micro-études pour masquer les vraies questions
  • Il y a là un caractère systémique, et aussi du système social, pas seulement des industriels.
  • Le système est pernicieux car propose d’articuler doute en exprimant des promesses

 

  • Pour rappel : la notion de déchet
    • 19è siècle : « zéro déchet » car les déchets sont organiques qui deviennent engrais et sinon récupération
    • 20è siècle : les déchets organiques sont composés d’engrais dès 1960 et après-guerre déjà a sonné la fin du recyclage/compostage à cause de la croissance urbaine, des engrais chimiques et de l’arrivé des plastiques
    • A partir de là : encombrement avec des objets moins durable et chamboulement du tri
    • Promesse d’abondance vs production massive de déchets massive
    • Et pourtant, dès 1970, naissait la conscience de cette incohérence avec le début des attaques vers les producteurs de plastique (par les écologistes et la société civile)
    • Et dès 170, les producteurs de plastique vont contrer

 

  • Dans l’étude des causes de cancer, avec du plurifactoriel, on retrouve une démarche en 2 temps de gestion du sujet :
    • Une approche avec la construction de normes scientifiques
    • Une autre approche avec des acteurs économiques créant des zones d’incertitude
    • Ex avec le glyphosate : classé interdit en 2015, puis tensions économiques, minimisation voire contestation et production de controverses avec de nouveaux cabinets d’expertise è remise sur le marché
  • 3 piliers pour expliquer l’inaction : 1 les lobbys industriels, 2 l’obstruction à bas bruit dans l’administration et 3 les arènes onusiennes = on crée le doute puis arrive l’inaction

 

  • Dans l’étude d’archives des grands acteurs du pétrole, on peut lire clairement la neutralisation de la taxe carbone/énergie à Rio qui était envisageable, d’autant que le consensus scientifique était établi depuis 10 ans et que le rapport du GIEC permettait de faire bouger les politiques et que l’American Petroleum Institut connaissait l’impact sur la dérive climatique, documentée en interne depuis 1970. Mais les industriels en sont arrivés à proposer des mesures compatibles avec leurs enjeux (doute) et des solutions fossiles pour gérer la transition énergétique (promesse), l’inaction était à l’œuvre.

 

  • Les industriels pensent : « Il ne faut pas qu’on interdise nos produits ». Ils vont parler de recyclage alors qu’il y a fragmentation (du micro au nano dans l’air) et même pas dégradation des matières plastiques. En 2021, le paillage plastique dans l’agriculture a été interdit, alors que des pharmaciens alertaient dès 1973. La fabrique de l’invisibilité : « aucune nuisance visible, rien à craindre. »

 

  • Les industriels ont créé un marché de la solution technique : c’est pourtant bien impossible de faire quoi que ce soit ; à moins d’inventer un tracto-pelle de la taille de l’Europe.
  • En plus, des scientifiques promettent de produire des brevets achetés par des industriels !
  • Les populations sont sorties de la conversation industriels/scientifiques alors que le temps de la recherche n’est pas le temps des personnes exposées ni celui de la politique.
  • L’incertitude est transformée en argument politique – Les industriels promettent une efficacité économique (cf marche commun pour vivre mieux après 45, en Europe) avec un Engagement de l’industrie à baisser le co2 (avec Total qui joue avec les quotas sans réguler sa production), un vocabulaire « compétitivité » et une promesse écologique avec le pétrole propre ( cf méthane en 99)

 

Une autre conférence sur « Peut-on faire confiance aux marchands ? » permet de faire le tour de la connaissance en termes juridiques de la construction de la confiance chez les marchands depuis le moyen-âge 

Intervenants : Luisa BRUNORI , Professeur de droit, spécialiste du droit des affaires – François GIPOULOUX , directeur de recherches au CNRS et spécialiste Japon-Corée-Chine  – Simona CERUTTI , historienne spécialiste de l’ancien régime et des corporations à Turin – Mathieu MARRAUD , historien au CNRS.

Au 16è siècle, faire confiance c’est construire un environnement juridique qui construise la confiance. A été trouvé un contrat rédigé entre deux amis pour des graines de courge.

Il n’y a pas toujours eu des écrits car ils étaient surtout produits s’il y avait un contentieux et donc un contexte possiblement judiciaire et conflictuel (besoin de certification de droits ou délimitation de l’aire du conflit pour continuer).

Le papier accompagne le contentieux dans un contexte de flux car l’engagement d’un marchand c’est une performance. L’évocation de l’oralité est encore forte au 18e même sur une affaire commerciale de centaines de livres. Sous l’ancien régime, les marchands de Flandre voulait rédiger mais les Parisiens bloquaient. Pour eux, l’espace, la rue, le lieu connu, l’enseigne (ex St Denis, St Antoine, St honoré) disait quelque chose l’honorabilité et « suffisait ».

Aujourd’hui, l’apriori tenace est sur l’écrit plus solide et plus moderne que l’oral. Mais le procès permettait d’arriver à un accord entre les deux parties mais pas la preuve de la vérité, dans le monde des marchands.

Pour faire un parallèle avec d’autres figures du marchand et comme le précisait Anne Lehoërff, qui présentait son nouvel ouvrage collectif, « Histoire des Celtes » (Tallandier, 10.2026), c’es sans doute l’artisanat et le commerce qui sont les piliers de la civilisation celte, si tant est qu’elle a existé :

  • Ce qui a fait la civilisation celtique est ce qui rassemble : arts, religion, artisanat, construction, etc. Capacité à associer des matériaux. Orfevrerie. Polychromie. Cela existant bien avant la conquête romaine.
  • Dynamisme et interconnexion Des échanges et du commerce. « Bronzisation » du nord au sud.

Et un autre parallèle avec les Vikings (cf conférence avec 2 spécialistes de la question) peut être fait :

intervenants : Lucie MALBOS, maîtresse de conférences a l’Université de Poitiers – Jean RENAUD, professeur émérite a l’Université de Caen 

  • Ils ne s’attaquaient pas aux églises mais cherchaient des objets de valeurs ; et les moines servaient en esclavage ou pour obtenir une rançon.
  • Les expéditions étaient coûteuses (avec paysans et ses outils : hache, lance) vs les épées des Francs car les Vinkings avaient du fer de mauvaise qualité
  • Sociétés foncières, terrienne : bois planches, fer forets et laine pour voile.
  • La loi est importante, avec des droits pour hommes et femmes. Même des droits aux esclaves !

De quoi réfléchir à la vision de l’information, comme enjeu de pouvoir, dans des contextes historiques radicalement différents.

Conférence « géopolitique et souveraineté industrielle » – 6 octobre 2026

Lors du salon INDUSTRIE GRAND OUEST début octobre, j’ai pu entendre Anaïs Voy-Gillis, géographe experte des enjeux industriels et territoriaux lors de la conférence « Géopolitique et souveraineté industrielle, comprendre pour mieux se projeter ».

Quelques phrases clefs très pertinentes à cogiter :

  • L’Europe est un marché avec beaucoup de filières capables de réintégrer des fabrications, vs la Chine qui est super organisée. Donc, il faut penser Europe comme une fédération et pas une somme de pays.

  • Un enjeu vital : attirer l’industrie dans les territoires mais aussi se questionner sur les projets (cf : les tensions autour des ressources – énergie et eau – qui vont bientôt être très présentes)

  • Se questionner : Quelle est la contribution des projets industriels sur l’écosystème local ?

Selon la scientifique, les grands donneurs d’ordre ont une responsabilité sur la de structuration du tissu industriel local. Or il y a un paradoxe : malgré les tensions sur les prix aujourd’hui, on voit encore des contrats où les signataires se sont tournés vers le moins-disant et pas vers le local.

Et pour terminer, un conseil : « Aller au contact des interlocuteurs publics et des citoyens. Maîtriser le récit et ne pas laisser le débat à ceux qui parlent plus fort. »

LA COMMUNICATION POLITIQUE

Mars 2026, les élections se préparent. Les 8 listes envoient leur programme, certaines envoient même des dépliants en amont de l’enveloppe règlementaire.

Les programmes sont souvent articulés entre proposition de valeur puis 10 points d’actions prévues.

5 listes à gauche, 1 au centre et 2 à droite. Des alliances.

Il y a ceux qui parlent d’abord de sécurité-ordre, 3 listes et certains sur 40% des actions proposées. Vivre en France, c’est dangereux ?

Il y a ceux qui parlent d’inclusion, de collectif, de vivre ensemble. 2 listes dans les 4è et 6è arguments, quand d’autres (les plus nombreux) n’en parlent pas du tout. Accompagner l’inclusion ou la lutte contre le racisme ; assurer la place des femmes dans la société, ce n’est plus un sujet ?

Et il y a ceux, la moitié seulement, qui parlent d’écologie. En 2è position pour une liste, 1è pour une autre, 5è pour une troisième. Par contre, ça fleurit de vocables comme « vie agréable », « qualité de vie ». On lit « parc en ville », « planter des arbres ». Lutter contre le dérèglement climatique n’est pas essentiel ?

On pourrait comparer ligne par ligne. Les thèmes de l’économie, de la santé, du travail sont assez partagés. Mais la divergence de points de vue sur ces trois sujets amènent un questionnement.

Premier tour le 14 mars, deuxième tour le 22 mars. Bon vote dimanche prochain !

CONCORDANCE CONSEIL Loire Atlantique

Dérèglement climatique : vu sur LinkedIn

Pour parler dérèglement climatique, le problème n’est pas tant les faits sur le dérèglement que l’opinion ou la désinformation sur les événements qui ne sont plus de la dystopie mais bien du futur non lointain !

CONCORDANCE CONSEIL Loire Atlantique
Voici quelques liens intéressants :
–         2 articles de Serge Zaka d’AgroClimat2050 :
o https://lnkd.in/exRkhCDs
o https://lnkd.in/egMU6bWK
o  à mettre relation avec :
–         1 post de Jean-Marc Jancovici du Shift Project : https://lnkd.in/ekUG_Cqm
–         1 article de Nathanaël Wallenhorst, Member of the Anthropocene Working Group (AWG): https://lnkd.in/eWiZuudS

Belle lecture,

Fragments de revue de presse sur la place de la femme dans la société

Pour terminer cette mini-revue de presse sur les informations qui m’ont alertée cet été sur la toile et en particulier LinkedIn, voici ce que j’ai retenu sur le thème impactant les femmes :

  • Mi-juin, le Comité 21 publiait un rapport du GIEC sur la justice climatique… où on peut lire bien sûr l’injustice  et la vulnérabilité de certaines populations : les anciens et les femmes… et surtout.
  • Mais comme le précise Antoine Charlot : « Mais ce rapport n’est pas un constat d’impuissance. C’est un appel au sursaut. Il nous dit une chose claire : nous avons les savoirs, les leviers, les solidarités pour agir. À une condition : mettre les vulnérabilités humaines au cœur des politiques d’adaptation. »
  • 7 juillet : la pauvreté en France passe sous les radars et les chiffres de l’INSEE ne sont pas relayés dans les médias. Pourtant le pourcentage de la population en dessous du seuil de pauvreté a pris un point de plus par rapport à 2022 et un point encore par rapport à 2021.

« Selon une l’étude annuelle de l’INSEE publiée le 7 juillet 2025, en 2023, 9,8 millions de personnes en France, c’est-à-dire 15.4 % de la population, se trouvaient en situation de pauvreté financière. […] En 2022, 14.4% de la population française était en situation de pauvreté financière. […] Il s’agit du nombre de personnes en situation de pauvreté financière le plus élevé en France depuis que l’INSEE le mesure avec précision depuis 1996, et il est a priori comparable aux situations des crises économiques des années 1970. Les familles monoparentales et les chômeurs sont surreprésentés parmi les pauvres. »… C’est sans doute une paille puisqu’on n’en parle pas.

  • 15 août : un internaute publiait l’annulation d’une séance de cinéma en plein air et gratuite avec le film « Barbie » à Noisy-le-Sec, suite à des pressions de certains habitants qui voyait dans ce film une apologie de l’homosexualité.
  • Dans la presse, mi-août, on peut lire : «Et au vu de ce que ça a déchaîné, il y aura un débat à l’issue», a précisé l’élu. Cette décision serait fondée sur l’idée de « montrer qu’on ne cède pas », s’est encore justifié Olivier Sarrabeyrouse. La projection pourrait se faire avant la mi-septembre, «ni dans une période de tension, ni dans une période de vacances».
  • 15 août aussi : sur les femmes en Afghanistan, un post d’Isabelle Rome qui rappelle la situation inhumaine qui perdure après 4 ans de prise du pouvoir par les Talibans (NDLR : le séisme de début septembre est une terrible déflagration dans un pays exsangue).

Bonne rentrée à tous !

 

 

Fragments de revue de presse sur l’écologie

Cet été, les infos sur le climat ont eu le vent en poupe avec la météo détraquée. Pour creuser un peu le sujet et sortir de la météo justement, quelques posts ont retenu mon attention pour prendre du recul.

  • 15 juin : « Quota climat » alerte sur la désinformation en relayant un rapport de scientifiques qui explique le lien entre désinformation et inaction. »

The International Panel on the Information Environment (IPIE) : « The human response to the climate crisis is being obstructed and delayed by the production and circulation of misleading information about the nature of climate change and the available solutions. »

  • En juillet, le Parlement européen expliquait comment les jeunes s’informent aujourd’hui, avec une infographie intéressante : seulement 26% des 16-30 ans lisent la presse pour avoir l’actu politique et sociale…

« Avec trois quarts des personnes âgées de 15 à 24 ans connectées en 2022 – un taux supérieur à celui des autres groupes d’âge – les jeunes arrivent en tête en matière d’adoption et d’innovation numériques 💾📱
👉 Toutefois, des disparités persistent, en particulier dans les pays à faible revenu et parmi les jeunes femmes, qui ont souvent moins accès à l’internet et aux compétences numériques que leurs homologues masculins.
👉 Les femmes (46 %) sont plus susceptibles de faire confiance aux réseaux sociaux pour s’informer .
👉 Les hommes (28 %) préfèrent des plateformes comme YouTube pour les contenus politiques et sociaux.

Autre donnée qui fait réfléchir : 56 % des jeunes français âgés de 16 à 30 ans utilisent des applications d’IA génératives pour générer du texte, des images ou des vidéos.

👉 À l’échelle des jeunes européens 🇪🇺, ce chiffre atteint 56,6 %.

« Pour inciter leurs salariés à prendre le train plutôt que l’avion, certaines entreprises proposent un congé supplémentaire, le Temps de Trajet Responsable (TTR) » : une belle pratique à développer

 

A suivre, une mini-revue de presse sur la place des femmes dans la société.

 

 

Fragments de revue de presse : dans l’édition

Après une mini-revue de presse sur le numérique, voici mes meilleurs moments lus sur LinkedIn cet été pour l’édition.

Dans le monde de l’édition, pour penser écologie, il ne faut pas rester sur les chemins balisés mais bien prendre les chemins de traverse. Cet été, de belles rédactions issues de collectifs investis ont permis de prendre de la hauteur sur une actualité plombée par le manque de reconnaissance et les « bâtons dans les roues » que les pouvoirs publics laissent sur la route. L’engagement des associations en d’autant plus louable et même nécessaire.

A réfléchir en cette période de rentrée littéraire où les sorties de nouveaux romans ne sont pas pensées en cohérence avec un monde du livre responsable. Il n’y a qu’à voir : 488 titres sortent en septembre, et c’est + 25 par rapport à 2024.

  • Mi-juin malgré la fermeture de Mobilis suite aux coupes sombres de la région Pays-de-la-Loire dans le financement des associations, la mallette des mondes du livre est parue.

C’est un très bel outil pour les acteurs et actrices de la chaîne du livre pour se questionner sur un monde durable et équitable. Le résultat d’un travail de plus de 2 années par les bénévoles de l’association en collaboration avec les adhérents (bibliothécaires, éditeurices, formateurices, etc.)

 

  • 30 juillet : l’asso pour l’écologie du livre publie son nouveau numéro du « PAPIER DECHAINE »

« En voici quelques extraits qui montrent s’il le fallait encore que nous devons rester vigilants et lucides face à l’actualité : « Hélas, l’actualité nous offre encore de tragiques  démonstrations de la mise au pas du langage. « Combat civilisationnel », « terrorisme intellectuel » : les milliardaires réactionnaires de part et d’autre de l’Atlantique ont façonné une rhétorique guerrière pour répandre leurs idées nauséabondes. Rarement la langue n’a été autant mobilisée pour polariser le débat public. La novlangue de Donald Trump en est un parfait exemple ; Vincent Bolloré lancé en plein « combat civilisationnel », une sinistre incarnation. Et n’oublions pas le dernier arrivé dans la course au populisme : Pierre-Édouard Stérin, candidat malheureux au rachat d’Editis, qui projette d’investir dans un réseau de 300 librairies pour défendre « le patrimoine catholique et français 4 ». Preuve encore, s’il en  fallait, que la bataille culturelle commence toujours par une bataille lexicale, livres et manuels scolaires à l’appui. »

Dans ce 3è numéro, on peut lire les motivations d’éditeurs indépendants, d’un bibliothécaire de prison (« Aujourd’hui encore, je reste convaincu que le livre a sa place en prison, non pas comme un outil de réinsertion miraculeux, mais comme un vecteur de liberté intérieure. Une liberté qui, elle, n’est pas sujette à autorisation. »

A découvrir aussi : l’écofiction écrite par Marie Pastore, tout en subtilité et en poésie.

A retrouver sur : http://ecologiedulivre.org  ainsi que sur Linkedin et Mastodon ! Mail : contact@ecologiedulivre.org

 

A suivre, des fragments sur les infos autour de l’écologie.

Fragments de revue de presse de l’été : le numérique

Cet été, l’information que j’ai retenue sur LinkedIn et qui parlait du numérique dans sa globalité porte plus sur des alertes que sur des témoignages de bonnes pratiques.

  • Mi-juin : Une nouvelle instance de dialogue vient de voir le jour pour évaluer l’adoption du référentiel général d’écoconception des services numériques. L’Institut du Numérique Responsable aborde là une bonne nouvelle dans la réflexion et (il faut l’espérer) dans l’action sur le numérique responsable.
  • et l’INR publie le baromètre green IT 4è édition 2025 : on apprend que les entreprises se questionnent vraiment sur les usages, le réemploi, le recyclage.

Les 10 premiers indicateurs montrent l’intérêt des dirigeants dans la gestion du green IT. Du progrès même si la marge de manœuvre est encore une autoroute et que toutes les entreprises ne l’emprunte pas.

  • 15 août : Amélie Deloche relaye une info sur des data centers aux États-Unis, dans l’état de Géorgie, qui privent des habitations d’eau pour satisfaire la boulimie de refroidissement des monstres alimentant les nécessaires outils informatiques et l’IA !
  • 17 août : la cyberattaque dont a été victime le Musée d’Histoire Naturelle de Paris est presque passée inaperçue ; les recherches scientifiques de l’établissement pourraient être utilisées ou transformées par des pirates malveillants…

A suivre : la revue de presse personnelle sur le thème de l’édition !

 

De la Loire à la ville connectée

La conférence Permanente Loire : les 10 ans

Le 24 mars 2025, j’ai assisté à la réunion publique de la Conférence Permanente Loire (CPL). J’y avais été invitée pour participer à la clôture et boucler la soirée avec la culture et le concours de nouvelles et poésies « La Loire dans tous ses états ».

https://dialoguecitoyen.metropole.nantes.fr/blog/la-cpl-fait-le-bilan-apres-10-annees-de-travail

Pendant 10 ans, des actions ont pu être mises en place et des engagements pris comme par exemple avec le collectif transport, le collectif patrimoine industriel et portuaire, l’association nautique.

Le format de la Conférence Permanente Loire n’est pas reconduit mais par contre, comme l’a précisé Anthony Descloziers, 2e vice-président de Nantes Métropole en charge de la Loire : « Ce n’est pas la fin de l’histoire, mais le début d’un nouveau chapitre, avec une nouvelle gouvernance »,

Concernant les ressources en eau potable et les usages autour du fleuve, il semble nécessaire d’adapter le développement de la ville en fonction de l’évolution de la Loire et pas l’inverse, comme cela a été fait depuis des décennies.

Peut-être un nouvel « âge du faire », comme l’a proposé un des membres de la CPL, avec participation citoyenne, des programmes pédagogiques dans les écoles, une gouvernance inclusive et la mission d’habitants sentinelle. Le risque est la gestion du temps dans ces méthodes.

En parallèle, la mise en place de l’identité juridique de la Loire est prometteuse.

réinventer la ville durable

Quelques jours après, cela faisait écho à une visio sur l’IA et la ville, « réinventer la ville durable », animée par le tout jeune collectif Rezé IA (https://lnkd.in/eeJFv3FM).

Barthélémy Lévêque 🎯, spécialiste de l’IA et de la smart city, expliquait les enjeux de l’IA pour la ville et donnait des exemples inspirants dans le monde pour le « vivre ensemble ».

A Barcelone, Singapour, Copenhague ou Bordeaux, l’IOT est au cœur de la ville intelligente. En analysant les datas, on peut réduire les coûts et mettre en place une gestion prédictive de la ville.

De la smart city avec des smart greeds et des acteurs français, c’est possible ! L’IA pour la ville, c’est très opérationnel. Les capteurs donnent des infos en temps réel. La démarche peut être participative, pour à la fois inclure les citoyens et accompagner les usages.

Les questions de la frugalité de l’IA, du choix de l’affichage des données, des services + des prestataires pour les collectivités, ces questions peuvent être débattues. Car la volonté politique affleure tout de suite de ces réflexions sur l’IA dans et pour la ville.

L’usage le plus impactant ? Les mobilités : c’est très concret, c’est du quotidien et faire gagner 20% de temps de trajet maison/bureau aller et retour, ça parle à tous !

Une belle immersion dans des exemples concrets de villes connectés pour le « bien vivre ensemble dans une ville durable », avec bien sûr des réflexions à poursuivre en fonction de la culture du pays et de la maturité numérique des citoyens ou des collectivités.

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