Comment voit-on la femme à travers l’Histoire

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Lors des Rendez-vous de l’Histoire de Blois début octobre, un événement incontournable pour qui veut voir l’actualité sous un axe historique, avec le thème 2026 sur les marchands, j’ai pu profiter d’échanges pertinents entre spécialistes pour comprendre des sujets aussi variés que les Vikings, la préhistoire du genre, les Gaulois, la confiance dans les marchands au 16è siècle ou sous l’ancien régime, ou une vision des « marchands de doute et de promesse ».

 

Sur la vision de la femme à travers l’Histoire

Ches les Vikings (cf conférence avec deux historiens spécialistes), la traduction des tombes est réalisée différemment aujourd’hui grâce aux tests ADN. L’épée est un attribut du statut. Il faut penser la tombe comme une mise en scène et pas comme une image de la vie du mort (penser à la manière d’habiller les morts au 20è siècle encore avec le costume du dimanche ou la robe de mariée dans le cercueil).

intervention : Lucie MALBOS, maîtresse de conférences a l’Université de Poitiers, Jean RENAUD, professeur émérite a l’Université de Caen

Selon l’anthropologie, avec Pascal Picq, « La Préhistoire du genre de Lucy à Sapiens » (Flammarion,10.2026)

  • La binarité de nos sociétés ne date que de quelques siècles. H/f ou classes d’âge sont là pour la capacité d’adaptation. Depuis un millénaire, l’organisation des compétences permet d’exploiter les ressources.
  • Pour lui, sexe biologique et genre social sont indissociables.
  • Dans les recherches sur les grands singes avant les années 60, on ne voyait que des mâles et les scientifiques étaient des mâles, « donc ça boucle » ! Il a fallu des Jane Goodal, des femmes et sans connaissances pour faire avancer l’observation sur le terrain car elles ont regardé les femelles aussi.
  • Selon P. Picq, « La domination peut changer. Histoires différentes par génération. » (NDLR : on ne peut pas attendre avec l’accélération du temps aujourd’hui)

D’où viendrait l’ancrage de domination du mâle chez l’humain ?

  • Les récits installent le rapport rationnel au cosmos. C’est nécessaire pour les humains.
  • Les premières entités sont féminines ou androgynes.
  • L’homme a pensé qu’il fallait y remettre de l’ordre et donc instituer le statut de domination de l’homme sur la femme.
  • Picq entend une modernité archaïque : « si les filles sont meilleures il faut sauver les garçons. » A la Renaissance, les clercs (en rédigeant le droit) amènent une approche idéologique qui va évincer les femmes.
  • En paléographie, on remarque que les mâles sont dans l’impulsion et les femelles dans l’endurance. L’invention est du côté des femmes.

Selon P. Picq, la persistance des violences n’a aucun sens en termes d’évolution. Zéro patrilocalité mais toujours du patriarcat. Et ça coûte cher. Voir l’étude du Mc Kinsey global institut : 11 ans d’étude pour calculer 12 000 milliards de dollars que représente le coût de la discrimination.

Cela ne vient pas de la préhistoire. Ce sont les années 50 qui ont installé cela en place, d’après P. Picq. Des sociétés égalitaires, « il n’y en a moins par rapport à avant ». Les raisons : 1 Patriarcat – 2 Renaissance et 3 Monothéisme.

Le scientifique n’est pas optimiste. Il constate :

  • Retour du masculinisme
  • Sociétés postmodernes sans rituels de passage comme :
    • Le rituel binaire (circoncision et excision) évidemment à interdire car mortifère pour les filles,
    • Celui de certains groupes humains avec rituels pour les garçons (ressentir la douleur comme l’accouchement – balance différentielle des sexes)

« C’est un vrai combat. Un enjeu pour l’adaptation des sociétés. Il faut intégrer les différences. »

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